Une cavalière de club, amenée à monter plusieurs chevaux différents, pourra s'orienter vers un arçon médium/large qui sera adapté au mieux aux différents chevaux grâce à un jeu de pad ou d'amortisseurs (le feutre est un excellent amortisseur qui réparti idéalement les pressions, il y a aussi ceux de la marque "gel eze") 1. Mesurer une selle d'amazone 2. Adaptation à la cavalière 3. Adaptation au cheval 4. Vérifier la solidité de l'arçon 1. Mesurer une selle d'amazone L'ouverture de garrot se prend 1cm en dessous du pommeau nez coupé (au niveau de la gouttière), et la largeur "d'épaules" se prend horizontalement (jamais de biais) du bas de la patte d'arçon hors-jambe jusqu'à la patte d'arçon coté jambe.
Les cotes du siège se mesurent en largeur à l'endroit le plus large de celui-ci et en longueur depuis l'avant de la fourche fixe jusqu'au troussequin (s'il s'agit d'une selle type anglaise à siège plat). S'il s'agit d'une selle à siège creux (type selle française ancienne) on mesurera la longueur utile depuis l'avant de la fourche fixe jusqu'au creux du siège (là où reposent effectivement les fesses de la cavalière).
Concernant les mesures, on trouvera aussi des selles mesurées en pouces, comme les selles califourchon (16", 17" ou 17"5 etc...), c'est la mesure qui a été prise depuis le pommeau jusqu'au troussequin. Il faut simplement ajouter 4" à cette mesure pour avoir la longueur totale qui permettra de comparer à la cavalière (et de convertir, 1" = 2.5cm )
2. Adaptation de la selle à la cavalière
Comment comparer ses mesures relevées sur la selle à celle de la cavalière ?
Il faut s'assoir au sol, dos bien à plat contre un mur (ou sur une chaise, le dos le plus calé possible contre le siège) et à l'aide d'un mètre-ruban on mesure la distance entre la pointe de la fesse (le mur) et le creux du genou. Voilà pour la longueur de la selle !
Si un essai n'est pas possible avant l'achat, il est toujours possible de faire un gabarit de dos en carton et de l'envoyer au vendeur qui, s'il est suffisamment gentil, le placera sous la selle pour essai. Au "pire de cas" il reste toujours les mesures (du gabarit ou d'une arcade type Wintec, etc) pour comparer. Si on n'est pas une amazone isolée, on peut aussi emprunter les selles des amies, pour établir une grille de comparaison entre leur mesures respectives et la manière dont ces selles s'adaptent au cheval. a) une selle bien adaptée La largeur de l'arçon correspond, les matelassures touchent le cheval en tous points, il n'y a aucun vide. On peut passer environs trois doigts entre le garrot et le pommeau, la colonne vertébrale du cheval est libre d'un bout à l'autre (si on donne à manger par terre au cheval, et en se plaçant derrière lui alors qu'il baisse la tête on doit pouvoir voir le jour à travers la gouttière de la selle). Enfin, quand on regarde de profil, la selle est horizontale sur le dos du cheval.
On peut aussi juger en regardant les traces de sueur sur le cheval après le travail, il faut qu'elles soient réparties de manière homogène, sans zone sèche (surpression, ou selle qui fait "pont" et ne pose pas complétement sur le dos).
b) une selle trop étroite
Un arçon trop étroit ne se remarque pas toujours tout de suite (on a tendance à regarder en premier la manière dont dégarrote la selle, sans s'attarder aux épaules) mais on peut se fier à la présence après essai de poils "grattés" sur le bas des épaules du cheval, ou des traces de sueurs dissymétrique le long du dos (une zone sèche correspond à une zone de surpression douloureuse)
ici un arçon trop serré au épaules, et une selle qui fait pont
Dans un cas comme celui des photos ci-dessus, inutile de vouloir combler les vides en épaississant les matelassures, les quartier de la selle seront peut être totalement en contact (sur les parties "molles", les matelassures) mais les pressions exercées par l'arçon (la partie "dure" de la selle) ne seront pas homogènes pour autant, il y aura toujours plus d'appui autour du garrot.
4. Vérifier l'état de la selle
En dehors des défauts esthétiques que peuvent présenter les selles d'occasions, voilà les points de sécurité important auxquels préter attention pour tout achat de selle.
a) la solidité de l'arçon :
Un arçon sain ne grince ni ne ploie, ne serait ce qu'un peu. Pour en vérifier l'état, un test simple :
caler la selle le troussequin contre sa hanche et tenir la fourche fixe de la main droite en la tirant vers soir tout en appuyant sur le milieu du siège de la main gauche,
comme si vous vouliez plier la selle en deux. Un arçon sain résiste sans soucis à la pression, si des craquements se font entendre, passez votre chemin !
La fourche mobile peut être bloquée, dans ce cas il ne faut pas forcer sous peine de fausser le pas de vis, mais essayer de la dégripper en "graissant" la base. A l'inverse la fourche mobile doit pivoter en rotation, mais ne doit pas faire de mouvements haut/bas ou gauche/droite excessifs. Si tel est le cas, c'est que le pas de vis est endommagé, et il faudra recourir à un sellier compétent pour le resolidariser de l'arçon (compter 150 à 200 euros).
Pour juger de l'état des sanglons placés sous les quartiers, il faut tirer dessus pour vérifier leur attachement à l'arçon, il ne doit pas y avoir de jeu. Ensuite il faut les plier en deux, le geste ne doit pas laisser voir de marque de pliure ou des craquelures (signes que le cuir est sec, est risque de casser). Attention également à l'intégrité des trous des sanglons, ils ne doivent pas être déchirés.
Il faut vérifier également l'état du cuir qui forme les petites poches où se loge l'arçon, trop sec il va devenir cassant (arçon et matelassures ne seront plus assemblés correctement, la selle perd en stablilité et la patte d'arçon risque d'être abimée, voir photo ci-dessous).
- si le cuir est très sec utiliser de l'huile de pied de boeuf, mais attention à ne pas trop huiler en une fois, car en séchant par la suite le cuir risque de craquer. Il convient de huiler au pinceau, d'éponger le surplus, laisser sécher, et recommencer l'opération jusqu'à avoir retrouver de la souplesse.
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